Le Marius de l’audiodescription décerné

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La cérémonie, qui s’est déroulée le 25 février au CNC, a mis en avant les progrès accomplis pour l’accessibilité ces dernières années, tout en restant alerte sur le futur.

Depuis neuf ans, le Marius récompense la meilleure audiodescription parmi les titres sélectionnés pour le César du meilleur film. Et c’est un nom familier du palmarès qui repart avec la récompense : Katia Lutzkanoff est célébrée pour son travail sur Dossier 137 de Dominik Moll (Haut et Court), trois ans après avoir remporté le prix pour La Nuit du 12, du même cinéaste. Pour cette occasion, l’autrice a remis son trophée à Nasrredine Nasli-Bakir, son collaborateur relecteur aveugle. 

Des progrès, mais toujours des disparités

En ouverture de la cérémonie, Gaëtan Bruel a rappelé l’attachement du CNC envers l’accessibilité du cinéma. Tout en signalant que des efforts restent à faire, il a souligné les actions du Centre qui, en 2026, assurera le pilotage du portail de l’audiodescription. « C’est le choix, assumé au niveau du ministère de la Culture, d’une accessibilité cohérente, de la production des œuvres jusqu’à leur diffusion. » Du côté des cinémas, « des progrès ont été accomplis, mais ce n’est pas suffisant ». Gaëtan Bruel a notamment mis en avant le matériel « trop souvent » défectueux, et la mauvaise communication autour des séances accessibles. En ce sens, il est revenu sur l’arrêté faisant évoluer les normes d’accessibilité pour les billetteries. Enfin, le président du CNC a alerté sur la montée de l’intelligence artificielle qui menace également le travail d’audiodescription mis à l’honneur dans cette cérémonie : « Le Marius récompense bien plus qu’un dispositif technique : l’audiodescription est l’art de restituer la matière des films par la justesse des mots. » Une crainte partagée par Meryl Guyard, lauréate l’année dernière et qui a souligné une baisse des tarifs et des missions en 2025.

L’inquiétude et la nécessité de continuer le combat ont été des thèmes récurrents au cours des différentes prises de parole. Le contexte était également particulier : la Palme d’or Un simple accident de Jafar Panahi, nommé pour le César du meilleur film, n’a pas pu être découverte par les 309 votants du Marius, car elle ne possède pas de version audiodécrite. « Il n’est pas décent de ne pas avoir accès à la Palme d’or », a ainsi déclaré Sylvie Ganche, chargée de l’accessibilité de l’équipement culturel Les Champs libres de Rennes. Également, Laurence Pécaut-Rivolier de l’ARCOM a assuré que, à chaque renégociation des conventions avec les chaînes de télévision, un nombre d’heures en audiodescription est aussi négocié. Cependant, « ce qui relevait de l’évidence il y a quelques années l’est de moins en moins, et la question du nombre d’heures audiodécrites est souvent un point de blocage majeur dans les négociations ». Néanmoins, les différents représentants des collectifs de déficients visuels ont tenu à rester positifs, comme l’a affirmé Bernard Defebvre, président du Collectif français du handicap visuel : « Le paradis du cinéma n’existe pas encore, mais ce n’est pas l’enfer. »

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