Les estimations publiées hier par Unifrance indiquent une stabilité de la fréquentation enregistrée par la production française à l’international, sans toutefois renouer avec les niveaux pré-Covid.
À l’occasion de la 6e journée de l’Export, Unifrance a dévoilé les premières tendances du cinéma tricolore à l’étranger pour l’exercice 2025. Dans les salles obscures internationales, 42,5 millions (M) d’entrées auraient été enregistrées par les films français d’après les estimations, soit 272 millions d’euros de recettes. « Le cinéma français conserve sa place sur grand écran à l’étranger », se félicite l’organisme, soulignant que « le seuil symbolique des 40 millions d’entrées est une fois encore dépassé, tandis que la comparaison avec le niveau moyen de la période 2017-2019 (58,1 M) demeure inévitablement dans le rouge (-26 %). »
Sur une estimation de 230 longs métrages inédits sortis l’an passé, 7 titres comptabilisent plus de 1 million de spectateurs : Dracula de Luc Besson, En fanfare d’Emmanuel Courcol, Emilia Perez de Jacques Audiard, Falcon Express de Benoît Daffis et Jean-Christian Tassy et les productions minoritaires Flow de Gints Zilbalodis, Je suis toujours là de Walter Salles et Une nuit au zoo de Ricardo Curtis et Rodrigo Perez-Castro. Ensemble, ils représentent 53,6 % des entrées du cinéma français à l’international en 2025.
Avec 13 millions de tickets écoulés, l’animation signe son troisième plus haut niveau après 2015 (21,7 M) et 2017 (15,2 M), principalement grâce à Flow (7,8 M en 2025), et concentre un tiers de la fréquentation totale (34,3 % de part de marché, un record). L’horreur et le fantastique trouvent également écho auprès du public étranger, en témoigne la performance de Dracula (3,7 M d’entrées), plus gros succès français de production majoritaire l’an passé.
Top 2025 de films français à l’international (en entrées) :

* financement majoritairement français. ** financement minoritairement français
Si l’Europe occidentale reste la première zone géographique en nombre de spectateurs pour le cinéma français (17,2 M), l’Amérique latine (8,8 M) devance désormais l’Europe centrale et orientale (6,4 M). Le Mexique est ainsi le premier territoire avec quelque 4,2 M de cinéphiles, devant l’Italie (4 M) et l’Allemagne (3,2 M), les États-Unis et le Canada anglophones figurant en sixième position (2,2 M).
Enfin, Unifrance note que, dans les 10 festivals internationaux majeurs, 20 % des longs métrages récents sélectionnés sont français. Après avoir régné entre 2021 et 2024, la France perd toutefois sa première place au profit des États-Unis. Deux éléments de réponse viennent expliquer ce constat : « Le retour en force des productions états-uniennes après des années impactées par les grèves à Hollywood et la pandémie de Covid-19, et une présence française à la Berlinale divisée par deux en un an. Il s’agit du seul festival d’un pays non anglophone où la France ne brille pas comme le pays de production le plus représenté, hors films nationaux. »


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