Le classement art et essai définitif montre une corrélation entre la note et les labels attribués aux cinémas, mais aussi un rééquilibrage territorial, comme l’analyse le cabinet d’études Ciné Conseil.
À l’issue de la commission nationale, 1 317 cinémas sont classés art et essai en 2025, contre 1 233 en 2024, selon les résultats publiés par le CNC mi-décembre. Au-delà du montant des subventions, dont le total s’élève à près de 19,9 M€ – contre 18,5 M € en 2024 –, Ciné Conseil a tout d’abord reconstitué les scores de pondération affectés aux cinémas classés. Le bureau d’études relève ainsi « une corrélation très nette entre le score et le nombre de labels complémentaires », qui, s’ils n’ont plus d’incidence financière directe, sont en lien avec la “note” attribuée par les commissions. « Ainsi, si les cinémas sans label ont eu un score moyen de 4,8, les cinémas avec l’ensemble des 5 labels ont eu un score moyen de 17,1. » Même si les indicateurs d’appréciation des commissions sont très nombreux, « les labels sont déjà en eux-mêmes un critère, souligne Eric Busidan, chargé d’études chez Ciné Conseil, et font en quelque sorte « doublon » dans la détermination du montant de la prime ».
Logiquement, ce sont les cinémas de catégorie A et B qui reçoivent le meilleur coefficient, avec 14,2 en moyenne, « en raison d’une exigence de positionnement art et essai plus forte » qui est donc valorisée dans les centres urbains.
Un rééquilibrage territorial
Mais l’analyse de Ciné Conseil montre aussi comment le score moyen par département permet un rééquilibrage territorial. « Ainsi, les départements du nord de la France ou de la côte méditerranéenne ouest ont obtenu un score moyen supérieur à la moyenne nationale, tandis qu’ils sont en même temps parmi les départements avec la part de cinémas art et essai la plus faible. Au contraire, si la façade Atlantique ressort comme le secteur avec la meilleure couverture de cinéma art et essai en proportion du parc, les scores obtenus par ces départements sont modérés. » Pour Antoine Mesnier, directeur général du cabinet d’études, « ces constats nous ont d’abord surpris, mais on voit que là où il y a moins de cinémas art et essai, les acteurs font un travail plus pointu, contrairement à certaines idées reçues ». La cartographie de Ciné Conseil montre ainsi que le classement art et essai, en plus d’une aide liée au travail effectué, est « un outil d’aménagement territorial ».
S’il met en valeur le travail réalisé par les cinémas des centres urbains, soumis à une concurrence plus dense, « le classement permet aussi de valoriser les cinémas de proximité dans les territoires où l’art et essai pénètre moins ».



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