À l’occasion de la sortie, ce 17 septembre, de Demon Slayer Kimetsu no Yaiba La Forteresse Infinie Film 1, retour sur la stratégie ciné de la plateforme de référence pour les amateurs d’anime, et le poids du genre dans les salles françaises.
Article initialement paru dans le Boxoffice Pro du 27 août 2025
Si la salle n’est pas le cœur de métier de Crunchyroll, elle représente plus que jamais un pilier stratégique : celui de l’événement, du lien… et d’une célébration collective devenue centrale pour les jeunes générations.
De la niche à la norme
En quelques années, l’anime a bouleversé le paysage culturel mondial, et Crunchyroll y occupe une place de choix en tant que première plateforme mondiale dédiée au genre. Mais si elle compte, à la fin du premier trimestre 2025, plus de 17 millions d’abonnés streaming à travers le globe, la salle de cinéma est loin d’être un axe secondaire de sa stratégie. Bien au contraire : « Elle représente un moment de connexion unique avec et entre les fans », a revendiqué Mitchel Berger, responsable du département cinéma de Crunchyroll, lors d’une rencontre organisée à Cannes en mai dernier.
L’exploitation en salle d’un long métrage – ou de plusieurs épisodes – “anime” représente en effet toujours une occasion de rassembler une communauté ultra-engagée. Le raz-de-marée de Demon Slayer : Le Train de l’infini (730 000 entrées France durant la période post-Covid de la seconde réouverture des cinémas), et tous les succès suivants, dont ceux de Solo Leveling : Reawakening en décembre 2024 ou plus récemment de Jujutsu Kaisen : Trésor caché / Mort prématurée – Le Film témoignent de la puissance de ces sorties pour reconquérir et élargir les publics.

Un nouvel espace de communion
Au cœur de l’approche Crunchyroll réside le fandom, composée d’une multitude de communautés soudées par leur passion et un profond sentiment d’appartenance. « L’anime ne se résume pas à un genre, c’est toute une culture, inclusive, où chacun peut se retrouver », explique Mitchel Berger. Selon lui, 42 % de la Gen Z et de la génération Alpha regardent de l’anime chaque semaine dans le monde, « soit plus que Star Wars, et avec un engagement bien supérieur à la moyenne ». Une base de fans qui ne cesse de croître, renforcée par la génération de parents, eux-mêmes bercés par les animes des années 1980-1990.
Pour les contenter, au-delà de son offre SVOD, Crunchyroll sort depuis dix ans des films au cinéma. Depuis son rachat par Sony en 2021, la firme a accéléré sur cette voie, tirant parti des synergies avec les branches Aniplex et PlayStation du groupe. « Presque tous les fans d’anime sont des gamers », souligne le Mr Cinema de Crunchyroll, avant d’ajouter : « Le partenariat avec Sony a renforcé notre force de frappe. »
Car bien plus qu’un nouveau segment de recettes, la salle de cinéma représente un élément central de la stratégie de “lien direct” avec les communautés. « La projection sur grand écran offre avant tout l’expérience du partage et des moments d’interaction. » Les sorties salles, événementialisées par leur diffusion sous visa exceptionnel, permettent donc de donner rendez-vous aux fans, mais avec une exposition beaucoup plus large que celle des conventions et autres grands salons, généralement limités aux grandes villes.
Une culture mondiale, adaptée à la diversité des marchés
Le 12 août dernier, la presse spécialisée américaine faisait écho d’un mémo interne du président de Crunchyroll, Rahul Purini, qui annonçait un nouveau modèle organisationnel impliquant davantage d’autonomie pour les équipes régionales — mais également des suppressions de postes. De fait, la plateforme ne se contente plus d’acquérir des titres auprès des studios japonais : en multipliant les coproductions, elle s’implique désormais dès la genèse des projets, apportant sa connaissance des attentes internationales sur la balance. Des États-Unis à l’Amérique latine, en passant par l’Europe de l’Est, l’Inde ou le Moyen-Orient, Crunchyroll adapte ainsi ses propositions aux goûts locaux. La France figure parmi les marchés les plus “matures” de l’anime, mais pour Mitchel Berger, « la marge de croissance y reste réelle ». Un potentiel qui sera exploité dès le 17 septembre avec le premier volet de la trilogie Demon Slayer: Kimetsu no Yaiba La Forteresse Infinie, qui arrive dans les salles tricolores après sa sortie record au Japon en juillet, et son déploiement à travers l’Asie courant août. Suivra, dès le 22 octobre, Chainsaw Man – Le Film : L’arc de Reze, toujours en collaboration avec Sony Pictures.
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