Le Café des images préserve son Flower Power

© Café des images

Cet été, l’emblématique “salle à fleurs” du cinéma d’Hérouville-Saint-Clair (Calvados) a rouvert ses portes après cinq semaines de chantier. Un projet qui a choisi de concilier modernité et fidélité à l’héritage architectural, et dont la campagne de financement participatif est toujours en cours.

Article initialement publié dans le Boxoffice Pro du 10 septembre 2025

Depuis 1978, le complexe de trois salles porte les couleurs de l’art et essai au cœur de la banlieue nord populaire et multiculturelle de Caen. Cette volonté politique forte était, dès le début, doublée par l’audace de l’architecte Olivier Baudry – parmi ses nombreux labels, ce tiers-lieu compte celui d’Architecture remarquable du XXe siècle. 

Alors, quand s’impose la rénovation de la “salle à fleur” créée en 1989, l’équipe du Café prend le temps de la réflexion. « Des fleurs aux murs, au plafond, sur les gaines d’aération… Il y en a qui détestent, mais nous, on adore », explique Elise Mignot. La directrice-programmatrice et son équipe se sont néanmoins beaucoup interrogées, en amont, sur le rôle de cette rénovation, « entre faire du nouveau et retrouver l’essence du lieu… » Verdict : non seulement la salle conservera son ambiance, mais elle retrouvera ses fleurs d’origine de ses fauteuils, ressuscitées par les créations graphiques d’artistes locaux, et le savoir-faire sur-mesure de l’entreprise KLS. 

Après une première modernisation technique en 2021 – son, écran et rétrofit en projection laser –, la salle à fleurs a donc entamé la seconde phase de sa mue en juillet dernier. « Nous y avons repris les séances depuis le 6 août, mais effectuons encore quelques finitions en matinée », confie Elise Mignot, en décrivant les 5 semaines de chantier qui ont été nécessaires pour « réaménager la salle aux standards d’aujourd’hui ». Car si la jauge passe de 224 à 209 places, c’est au profit de plus d’espacement entre les rangées et d’un gradinage qui remplace la simple petite pente du sol.
À noter que le Café des images a clôturé cette aventure en compagnie de la tapissière de l’époque, dont la visite après travaux a donné lieu à un podcast de 4 minutes, un format que  l’équipe cultive avec passion.

Créativité jusqu’au bout de la campagne
Le revêtement « hautement customisé » de la Salle à fleurs est, naturellement, plus coûteux. D’où le recours à un financement participatif lancé cet été, en parallèle des travaux, via une campagne débordante d’idées ! Comme les contreparties proposées en fonction des dons – défiscalisables –, dont des sacs cabas à fleurs inédits, « réalisés par une entreprise des Vosges, avec le même flashage que celui utilisé pour les fauteuils, et qui permettront à leurs détenteurs d’être très “caméléons” dans la salle », s’amuse Élise Mignot. Réservés aux contributeurs particuliers les plus généreux, les plus gros lots, à savoir 20 anciens fauteuils à fleurs parmi les mieux conservés, sont partis « en un week-end, le 14 juillet ».
Les contributeurs pro, « notamment les entreprises du territoire et les partenaires locaux », pourront de leur côté bénéficier d’une visite des coulisses du cinéma, ou d’une projection privée… dans la Salle à fleurs, ça va de soi !
À noter que la campagne de financement participatif comptait plus de 220 contributeurs au moment où nous bouclons ces lignes, et qu’elle reste ouverte jusqu’au 30 septembre.

Faire perdurer l’originalité

Désormais, aux côtés de la petite salle Tati de 62 places, c’est donc la salle de La Coupole, (221 fauteuils) qui devient la plus grande jauge du cinéma… et l’objet de la prochaine rénovation. « L’été 2026, nous aimerions pouvoir nous attaquer à la tapisserie de cette salle “atmosphérique”, en dôme, caractérisée par la fresque de l’artiste Dominique Bunel qui habille ses courbes. » Ici aussi, la démarche s’élabore avec attention, entre exigences techniques et enjeux patrimoniaux. « Certes, il y a des choses qui ont pu se faire dans la rupture, comme le mobilier du lobby changé en 2016, mais dans un cinéma où chaque salle a un design artistique si recherché, chaque changement interroge », souligne la responsable. 

En attendant les prochaines transformations, le Café des images consulte les experts, mais également ses spectateurs. En 2024, ils ont été près de 122 000 à venir dans ses trois salles ; de quoi lui faire dépasser sa fréquentation d’avant-Covid (+2 % par rapport à la moyenne 2017-2019). « Et avec un public composé à 37 % de moins de 26 ans », précise Elise Mignot, bien décidée à préserver, avant tout, la convivialité et la capacité d’innovation du Café des images, qui s’apprête entre autres à accueillir la soirée d’ouverture de Play it again !, en présence de Dominique Blanc, actrice et marraine du festival.

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